© Désorceler la Finance - Jonas-Verbeke

© Désorceler la Finance - Anna Muchin

© Désorceler la Finance - Jonas Verbeke

© Désorceler la Finance - Jonas Verbeke

Le Cabinet de Curiosités économiques

“Il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme” affirme le théoricien américain Frederic Jameson[1].

Il est donc essentiel à l’heure du règne hégémonique et inégalitaire de la finance de nous mettre au défi et d’imaginer dès à présent la fin de ce paradigme et ce qui lui succèdera. Puisqu’aujourd’hui tout est possible et imaginable, alors dessinons les fictions agissantes de notre époque qui transformeront le cours des choses.

Le Cabinet de Curiosités économiques propose un parcours utopique/fictionnel sur les ruines du capitalisme. Par le regard distancié de l’anticipation, il traverse les reliques de ce modèle, ces symboles, images, discours, instruments du pouvoir, met en lumière de nouveaux modes de représentations et forces vives qui ont participé à son oubli et déclin, et permet d’activer ensemble le monde possible qui lui fait suite. C’est par le récit, la mise en scène et la compilation d’objets usuels, communs, d’archives et d’œuvres pluridisciplinaires d’artistes et d’amateurs que l’exposition décortique  l’aberration du  capitalocène, contredisant l’affirmation souvent oppressante selon laquelle “there is no alternative”.

Les curatrices Camille Lamy (chercheuse en design) et Amandine Faugère (travailleuse de l’art) sont toutes deux  militantes et commissaires d’exposition au sein du Laboratoire sauvage de recherches expérimentales “Désorceler la finance”, où elles mènent projets artistiques, sorciers et militants.

“Désorceler la finance” est un laboratoire autoproclamé bruxellois, luttant contre les effets délétères du pouvoir capitalo-sorcier, à travers des formes multiples (rituels, conférences-performances, cartomancie, expositions) pour de nouvelles images et nouveaux horizons. Composé de chercheurs, collaborateurs dans tous les domaines de l’art et de la vie citoyenne, il œuvre à décortiquer, déconstruire, et interférer dans le discours dominant et opaque des experts de la finance. Son objectif est de briser l’état d’empêchement, de contention, d’impuissance sidérée, d’envoûtement dans lequel ce discours nous maintient, ainsi que redonner à tou·te·s de la force, la capacité d’agir, et libérer l’imagination.

C’est par cette volonté de faire la part belle à la multiplicité de regards, de projets et d’imaginaires que nous invitons dans cette exposition des projets d’artistes, designers, performeur·se·s, militant·e·s.

 

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[1] Selon Mark Fisher, Capitalist Realism, 2009; la citation est attribuée à la fois à Fredric Jameson, The Seeds of Time (New York: Columbia University Press, 1994) et Slavoj Žižek, “The Spectre of Ideology.” In Mapping Ideology, ed. Slavoj Žižek (New York: Verso, 1994).