Chaque année, le FOMU [Musée de la photographie d’Anvers] invite dix artistes à participer à .tiff, un projet dédié au soutien des talents émergents du monde de la photographie. Ces artistes représentent un vaste éventail de pratiques et de perspectives, qui reflètent la diversité et le dynamisme du paysage de la photographie belge. Après l’exposition au FOMU, les artistes ont ici l’occasion de rencontrer un nouveau public, dans un contexte et un environnement différent.
.tiff ne s’articule pas autour d’un thème unique: chaque artiste présente une œuvre de son choix. Des thèmes récurrents émergent néanmoins. Les œuvres dialoguent les unes avec les autres, révélant des liens inattendus et des préoccupations partagées.
Le jury de cette année était composé de Magali Elali (fondatrice de The Constant Now), Cale Garrido (commissaire de la Triennale d’Hambourg) et Youqine Lefèvre (artiste et lauréate de .tiff 2021), avec le soutien de l’équipe du FOMU. L’exposition est curatée par Muhiba Botan et Sonia Mutaganzwa. La scénographie est conçue par Samyra Moumouh.
Chloé Azzopardi, avec ses objets imaginaires réalisés à partir de matériaux naturels, soulève la question du progrès technologique et de notre vision de l’avenir;
Téo Becher examine dans ses images le mythe d’une nature restée sauvage et intacte. Son travail se concentre sur la province de l’Alberta au Canada, où le paysage a été façonné par l’histoire coloniale et l’extraction pétrolière;
Aliki Christoforou explore la mer Méditerranée en tant qu’archive vivante où s’entrelacent dérèglement climatique et héritages coloniaux;
Yaqine Hamzaoui a une pratique intuitive qui part de la photo, mais dépasse les limites de ce médium. Son travail prend la forme d’un journal intime et créatif où se retrouvent également des textes, des dessins et des pièces textiles;
Tatjana Huong Henderieckx cherche dans son travail à renouer avec sa famille biologique au Vietnam et à comprendre ce que signifie « rentrer chez soi »;
Simen K. Lambrecht explore comment le pouvoir militaire façonne et véhicule la masculinité, et ce qui se cache derrière cette façon de faire;
Tom Lyon remet en question dans son travail les représentations dominantes autour de la migration et met à nu la déshumanisation de la politique des frontières de l’Union européenne;
Natalie Malisse montre comment les espaces domestiques portent les traces de nos émotions et de nos souvenirs, où coexistent sédiments traumatiques et gestes de consolation;
Anthony Ngoya suit, à travers des archives familiales, les traces de l’extraction, depuis le paysage entre le Congo et Anvers jusqu’au corps et à la mémoire;
Darwin Taday Cabrera explore, à travers l’histoire de sa famille, comment l’identité est façonnée par les idéologies nationales, les rôles de genre et les structures familiales.